Vidéo – Osons piloter les relations en entreprise

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La relation, finalement, c’est simple !
Isabelle Musnik, fondatrice d’Influencia, en conversation avec Vincent Dumont, directeur général de l’agence Chaïkana

Isabelle Musnik : Vincent Dumont, vous êtes directeur général de Chaïkana, l’agence de la relation. Mais c’est quoi « l’agence de la relation », c’est du marketing ?

Vincent Dumont : Non, nous ne faisons pas de marketing. Par contre, nous avons une conviction très forte, c’est que le sujet de la relation est aujourd’hui l’enjeu majeur des entreprises. Et d’ailleurs, soyons clairs, nous vivons une crise relationnelle dans la société on le sait, mais aussi dans bon nombre d’entreprises. Et c’est sur ce point que nous avons envie d’agir aujourd’hui.

Isabelle Musnik : Alors vous parlez de crise relationnelle, mais cela se manifeste comment au sein d’entreprises comme dans la vie de tous les jours ?

Vincent Dumont : Si vous analysez ce qu’il s’est passé ces dernières années, vous verrez que l’on a sacrifié la relation sur l’autel de la rationalisation. On a rationalisé les processus, on a rationalisé les coûts, on a rationalisé le temps. Finalement, dans l’entreprise, on a tué les temps morts. Et quand vous tuez les temps morts, vous tuez les temps de vie. Tous ces moments collectifs, ces moments où l’on échange tendent à disparaître. On prend moins le temps de l’échange. On prend moins le temps de la qualité de l’échange aujourd’hui en entreprise.

Isabelle Musnik : Alors pourquoi cet enjeu de la relation est-il si important pour les entreprises ?

Vincent Dumont : Il n’est pas important… il est essentiel ! Si vous regardez la relation, c’est un accélérateur de performance exceptionnel. C’est créateur de valeur, vous générez de l’intelligence collective. Si vous n’y prêtez pas attention, vous vous coupez d’un potentiel exceptionnel. Une autre donnée qui est importante : c’est le plaisir. Travailler sur le plaisir au travail, c’est générateur de motivation, de préférence aussi bien avec vos publics externes qu’avec vos publics internes.

Isabelle Musnik : La relation est à la fois une notion très large et en même temps très floue. Donc, concrètement, que faut-il faire dans une entreprise ?

Vincent Dumont : La première chose c’est d’agir au niveau du top management. Et ensuite, il s’agit d’irriguer l’entreprise. Alors agir, ça veut dire quoi ?
Ça veut dire créer un état d’esprit qui passe par la personnalité de l’entreprise, créer un système de valeurs basé sur la bienveillance, l’empathie, le « caring » qui fait que vous créez ce que j’appelle un idéal moral qui doit irriguer l’ensemble de vos communications et l’ensemble de vos relations.

Isabelle Musnik : Au-delà de cet état d’esprit, de cet idéal moral, qui bien sûr est essentiel, il faut quand même mener des actions concrètes. Alors quelles actions préconisez-vous ?

Vincent Dumont : Je vais vous donner deux ou trois idées. La première chose, c’est qu’il faut une accélération relationnelle. On parlait tout à l’heure de l’accélération du temps, de l’accélération de la virtualisation. Accélérons au niveau de la relation. Alors voici quelques idées simples. Déjà, prenons le temps de plus se voir, de mieux se voir. Voyez, le digital offre un potentiel extraordinaire, mais, moi, je crois en complément du digital, à la force du live, de se voir, de se toucher. La deuxième idée, c’est d’oser l’affect. Osons l’émotion dans nos communications et donc, dans nos relations. Osons parler vrai. Osons la sincérité, osons un discours de vérité. Ça me paraît fondamental. Et une dernière idée, qui est peut-être une idée que certains dirigeants reprendront : osons le pilotage des relations. J’aimerais que les entreprises se disent : quelle est ma stratégie relationnelle. On parle beaucoup aujourd’hui de relation clients – c’est bien, mais il ne faut pas s’y limiter ! Écrivons une stratégie relationnelle qui s’intéresse à nos collaborateurs, nos partenaires, et avec toutes les parties prenantes. Pensons cela de manière globale. Créons des postes de directeurs de relation. Mettons-les au « comex », et donnons leur une place juste à côté du directeur financier. Ce serait intéressant justement dans la relation…

Isabelle Musnik : Et vous avez proposé cette dernière idée à des entreprises ?

Vincent Dumont : Non mais je vais le faire !

Isabelle Musnik : Donc s’il y avait un mot, un conseil à retenir ce serait quoi. « Osons » ?

Vincent Dumont : Ce serait : « Osons vivre davantage la relation. » Osons les moments comme celui que l’on vient de passer ensemble !

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