Et si Emmanuel Macron inventait un nouveau modèle relationnel entre l’homme politique et le citoyen ?

Quand le Cevipof, dans son dernier baromètre sur la confiance politique (Janvier 2017) demande « quand vous pensez à la politique, pouvez-vous me dire ce que vous éprouvez d’abord ? », 40% des personnes interrogées répondent en 1ère intention : de la méfiance !

Ils ne sont que 1% à répondre de l’enthousiasme… tout est dit !

 

Cette défiance contemporaine à l’égard de la politique, mais aussi de l’homme politique tient à une subtile combinaison entre un déficit de performance de l’action publique et une crise de valeurs.

 

Les politiques pensent encore, dans leur grande majorité, que cette crise de confiance peut être résolue par le miracle de la communication politique,… pourtant elle-même en crise ! Alors même que cette communication politique devrait répondre à des besoins d’information, d’explication et de pédagogie, elle s’apparente souvent à de la propagande ou de la manipulation.

Souvent objet de suspicion, entachée d’une connotation très négative, elle est rejetée dès qu’elle devient visible.

Combien de fois n’a-t-on pas entendu pendant cette campagne : « ça, c’est de la communication ».

 

Communiquer ne suffit plus, il faut créer la relation.

Et il faut surtout réinventer une relation de confiance.

Emmanuel Macron, qui aspire à « gouverner autrement », comme il l’a indiqué dans l’Emission politique de France 2, le 7 avril dernier, gagnerait beaucoup à faire de la création d’une relation de confiance son 1er levier de gouvernance.

 

La qualité de la relation qu’il parviendra à instaurer avec les citoyens prime dans un 1er temps sur le contenu des mesures gouvernementales qui pourront être prises. Sans une relation de confiance, pas de parole audible. Sans parole audible, rien ne sera possible.

 

Alors que faire pour réinstaurer cette relation de confiance ?

La confiance est une valeur fragile qui échappe souvent au rationnel.

Cette confiance retrouvée passera nécessairement par une refondation des valeurs et une prise en compte plus importante de l’éthique, mais ce ne sera pas suffisant.

 

Ce nouveau modèle relationnel pourrait s’articuler autour de 3 axes majeurs :

 

D’abord une relation contractuelle.

Etre jugé sur la performance de l’action, suppose de définir une vision, une ambition, des objectifs et un plan d’action clair.

Sur la base de ce contrat : « Voici où nous allons aller ensemble, voici ce que je m’engage à faire, voici ce que j’attends de vous pour y parvenir », il s’agit d’accepter de se livrer à des points étapes objectifs : « voilà ce que j’ai dit, voilà ce que j’ai fait, voilà ce qu’il reste à faire ». Cette vision moyen terme et ce travail de pédagogie régulier ont souvent fait défaut lors des précédents quinquennats et seraient une belle expression d’un « gouverner autrement ».

 

Ensuite une relation transparente.

Etre transparent, c’est tenir un langage de vérité, ne pas éluder les difficultés, ne pas promettre l’impossible, être lucide et objectif sur ses propres actions. Dans son discours du Louvres, Emmanuel Macron insiste d’ailleurs sur ce point « Je vous dirai à chaque fois la vérité ». C’est un bon début, on ne peut que l’encourager dans cette voie.

 

Enfin, une relation affective.

Avoir confiance, c’est se fier, c’est avoir la foi en quelqu’un.

Nous touchons ici l’irrationnel, mais un irrationnel nécessaire pour engager toute une nation derrière soi.

Je crois beaucoup dans cette dimension émotionnelle, construite sur la base de codes subtils, verbaux et non verbaux, qui induit un engagement naturel sur le ressort « Je le suis parce que je l’aime ».

Dès le 1er soir, Emmanuel Macron introduit une notion, assez rare pour être soulignée, celle de l’Amour : « Je vous servirai dans la fidélité de la confiance que vous m’avez donnée, je vous servirai avec amour ».

Oui je crois au moteur de l’Amour, pas un Amour aveugle, mais un Amour sincère, guidé par la réussite d’une destinée commune.

 

Plus encore que la courbe du chômage, j’invite donc Emmanuel Macron à surveiller celle de son IR (Indice Relationnel).

S’il réussit ce défi de la relation de confiance, je le suivrai volontiers… et avec enthousiasme !

 

 

Vincent DUMONT

Directeur Général de CHAIKANA « L’Agence de la Relation »

Une réponse à “Et si Emmanuel Macron inventait un nouveau modèle relationnel entre l’homme politique et le citoyen ?”

  1. Matthieu Chaumin dit :

    Oh combien d’accord sur le facteur confiance. Sa grande difficulté sera sans doute de réussir à l’installer dans son contexte multipolaire intérieur. Car la confiance se génère à “deux”. Et deux pour lui et son gouvernement ca voudra dire les autres partis politiques, les syndicats, les entreprises, les salariés, les artisans, les entrepreneurs, les agriculteurs,…. ca en fait du monde! Mais ca peut être un excellent objectif de départ pour la feuille de route de chacun des ministères. Rétablir la confiance. Enthousiaste rien qu’à l’idée qu’on puisse honnêtement si je puis dire essayer.

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